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Janvier 1957 - Janvier 2017: 60 ans après le coup d'ADDI OU Bihi.



Un matin de janvier 1957, le petit voulait aller se « soulager » dans la nature. Il n’y avait pas de toilettes à la maison. La maison familiale se trouvait à l’extrémité du village ouvrier. En face il y avait une guérite, à gauche un terrain vague, wc public pour les non européens. En ouvrant la porte, il vit en face des hommes armés en tenues militaires. Sur la guérite, il y avait plus de sentinelles (légionnaires français) que d’habitude. Les « nouveaux soldats » (marocains) ordonnent au petit de rentrer à la maison. Sans avoir soulagé son ventre, affolé, le petit regagna le chez soi et annonça : il y a des soldats devant la porte. Ils m’ont empêché d’aller plus loin. Le père qui s’attendait à quelque chose de ce genre, enfouit des balles dans le sac de blé. Et quitta la maison vers le centre du village.
Comme toutes les autres contrées du vaste territoire de Tafilalet, le village de Beni Tadjit fut encerclé. Addi Ou Bihi, en coordination avec les forces françaises, et avec des forces proches du palais (le prince Hassan et les officiers n’étaient pas certainement étrangers au coup fomenté par Addi ou Bihi), avait mobilisé, recruté, encadré 40 000 individus. « Armés jusqu’aux dents », des escadrons embarquèrent des milliers de syndicalistes, les premières victimes dans les régions minières tels Beni Tadjit, Midelt, et de nationalistes.
A Beni Tadjit, des ouvriers et des petits commerçants furent arrêtés. L’oncle Ali, le surveillant, et d’autres membres de la famille en firent partie. Le père nouvellement installé dans le village échappa par miracle à cette répression.
Les objectifs de ce coup de force ? Ils étaient nombreux.
- Pour les français, il fallait constituer une ceinture de sécurité le long des frontières avec l’Algérie, coupant ainsi le FLN de ses bases arrière. Il fallait attendre les années quatre vingt pour qu’Israël réussisse au sud de Liban (pour quelques années) cette opération.
- Pour le prince Hassan et son entourage, il fallait anéantir les groupes de l’armée de résistance qui se trouvaient dans la région, empêcher des marocains de tisser des liens avec les éléments de l’ALN algérienne et surtout d’affaiblir le mouvement national.
Addi ou Bihi n’avaient ni les moyens matériels, ni la capacité intellectuelle de fomenter ce type coup. Pour constituer une armée de 40 000hommes, bien équipée…il fallait de gros moyens qui ne pouvaient venir que de la France , et cela avec la bénédiction des forces réactionnaires marocaines.
Le coup fut échoué. Pourquoi ?
- Le mouvement national a réagi vivement. Le parti de l’Isiqlal était encore très puissant. Notons que tous ses responsables régionaux ont été arrêtés par les forces de Addi Ou Bihi 
- L’armée de libération qui se trouvait dans la région décida de contre- attaquer et de coordonner sa résistance avec l’ALN algérienne. 
- Les ouvriers des centres miniers entrèrent en grève
- Addi Ou Bihi se prenait un peu plus au sérieux en voulant agir en tant que véritable chef : il avait déclaré qu’il était le seul à représenter la loi. Que c’était lui la loi. Qu’il ne reconnait ni police ni juges qui venaient de Rabat.
- Certainement qu’il y avait des dissensions au sein du palais, les méthodes non « catholiques » du fougueux et tyran prince ne pouvaient pas faire l’unanimité.
Addi ou Bihi fut « arrêté » et « décéda » dans conditions douteuses à l’hôpital de Rabat. Il emmena avec lui beaucoup de secrets.
Une fois roi, Hassan II donna carte blanche aux deux fils d’Addi Ou Bihi, Assou et Hsaïn pour terroriser les paysans pauvres, les nomades et les ouvriers de la région. Ils furent tous les deux parlementaires jusqu’à leurs morts. Ces centaines de milliers de marocains qui avaient souffert de l’arbitraire des fils de Addi Ou Bihi, qui étaient en connivence avec Ahardane et le Docteur Alkhatib, le créateur du PJD, n’étaient autres qu’amazighs. Les clivages n’étaient pas d’ ordre ethnique , ni linguistique, mais d’ ordre essentiellement économique. Ahardane, Archane et Iken ont jeté des centaines de milliers d’amzighs de Zemmour (Oulmès, Tiflet, Khémisset) dans l’enfer de la misère en les dépossédant de leurs terres, de même, les Imahzen et les Amahroks ont jetés les centaines de milliers d’amazighs de Khénifra dans l’enfer de la misère en les dépossédant de leurs terres. Ce n’est pas par hasard que Hassan II se maria à une Amhzoune. En politique, les mariages arrangés constituent aussi des atouts.
La noble cause amazighe, langue, culture, histoire, n’ont rien avoir avec les coups d’éclats des notables ruraux. La preuve ? c’est que les fils Addi Ou Bihi, Ahardane, Archane, Ikken, Imhzen…ont toujours dit OUI aux constitutions octroyées par le palais, les dites constitutions ignoraient totalement Tamazight"
(Extrait du livre "le petit berger qui devint communiste" d'Ali Fkir)




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