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Droits de l’homme et liberté de la presse au Maroc

Un grand moment a été vécu ce 23 juin à l'Assemblée nationale à Paris.

La table ronde - conférence de presse sur les droits de l'homme et la liberté d'expression au Maroc a attiré pas mal de monde, et beaucoup de personnes n'ont malheureusement pu y accéder. Organisée par le député français Jean-Louis Roumégas, elle rassemblait les associations suivantes : ASDHOM, AMDH, RSF (Reporters sans frontières), FIDH (Fédération internationale des ligues des droits de l'homme), Amnesty international et Free press unlimited. Le journaliste et universitaire Omar Brouksy a brossé le contexte politique marocain avant que chacune d'entre elles ne prenne la parole.
Cette table ronde faisait écho au procès du 29 juin prochain à Rabat où seront jugés Maâti Monjib, Abdessamad Aït Aïcha, Hicham Mansouri, Hisham Khribchi, Mohamed Sber, Rachid Tarik et Maria Moukrim.
Ce procès, déjà reporté trois fois, est particulièrement suivi en France chez les parlementaires des deux chambres représentées comme chez les militants et simples amis, mais aussi dans un certain nombre d'autres pays du monde. Comme l'ont souligné quasiment tous les intervenants, s'il y a eu des avancées significatives au Maroc, il reste inquiétant et inacceptable que le Maroc ne respecte même pas ses engagements internationaux, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et sa propre Constitution qui garantissent la liberté d'expression.
Ces journalistes sont accusés, pour certains d'avoir perçu des subventions de l'étranger sans l'avoir déclaré au secrétariat général du gouvernement, pour les autres d'atteinte à la sûreté nationale/de l'État. Cette dernière accusation, très grave, vise un universitaire et de jeunes journalistes militant pour les droits humains et la liberté d'expression, et se base principalement sur la formation à l'utilisation et la promotion de Story maker, une application pour smartphone permettant de réaliser des reportages de qualité avec des moyens simples, le tout étant développé par l'ONG néerlandaise Free press unlimited (et promu par le journal The Guardian). Cette ONG a expliqué qu'elle était présente au Maroc depuis 2006, seul pays au monde avec lequel il y a des problèmes liés à ces formations. Pourtant Story maker permet de partager l'information en toute sécurité par les téléphones mobiles et de rester connectés au monde où, on le sait, les nouvelles circulent vite. Le Maroc voudrait-il, dès lors, se déconnecter du monde en interdisant story maker ?
On sait que le Maroc est bien mal placé dans le classement des pays qui respectent la liberté d'expression : 131ème sur 180. Beaucoup de journalistes sont intimidés, menacés, harcelés, arrêtés et accusés de façon insidieuse (on pense notamment à Ali Anouzla sous le coup d'une accusation grave depuis 2013 mais non encore jugé à ce jour).
Le durcissement en matière de liberté d'expression -donc le non respect de la Constitution et des engagements internationaux- concerne aussi les associations dont soit les statuts ne sont pas enregistrés soit les activités sont interdites (l'AMDH étant principalement visée), tout comme les manifestations pacifiques (arrêter des chômeurs handicapés qui manifestaient devant le Parlement est pour le moins singulier et aberrant).
Ce 23 juin, deux des co-accusés avaient pu effectuer le déplacement pour témoigner de cela dans leur vie et leur quotidien.
Quant à Maâti Monjib, retenu par d'autres obligations, attaqué ces dernières semaines dans des médias proches des services -comme si sa réputation n'avait pas été assez entachée par cette affaire- , on veut en faire un opposant politique ni plus ni moins alors qu'il prône toujours la modération et le dialogue et qu'il analyse systématiquement les mécanismes du pouvoir politique puisqu'il s'agit de sa spécialité académique.
À l'Assemblée nationale, ce 23 juin, le moment était grave mais intéressant et mobilisant, riche de précisions et d'échanges. Toutes les associations présentes et intervenantes s'affirment solidaires de ces sept co-accusés et demandent aux autorités marocaines d'abandonner toutes les charges à leur encontre.
S'il n'était question du respect de la Constitution marocaine et des engagements internationaux, il s'agirait alors tout .simplement de redorer l'image du pays. Affaire à suivre !...


Paris, le 24 juin 2016.
Comité français de soutien à Maâti Monjib et aux six autres accusés




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