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Jacob Cohen* : Une confession qui pèse .*Ecrivain franco-marocain, ancien maître-assistant à la Faculté de Droit de Casablanca

02 Feb 2021 : 02:19 تعليقات: 0 مشاهدات: 
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Yennayri
منشور من طرف Yennayri

Entrevue réalisée par Dr. Abdelilah Bouasria*, Dimanche, 31 Janvier 2021

*Chercheur et Professeur Universitaire, Washington DC, USA

« Les juifs marocains sont restés un peu « primaires » même lorsqu’ils ont fait des études supérieures en Israël »

« Au Maroc, tout vient du Roi et remonte vers lui. Toute grande carrière politique dépend de son bon vouloir »

« Les juifs marocains communistes étaient la hantise et la honte de la communauté juive »

Abdelilah Bouasria : Des trois groupes ethniques en Israël (Falasha, Ashkénaze, Sépharade/Mizrahi), quelle est la narrative/discours de chacun de ces affiliations par rapport au rapprochement entre Israël et le Moyen Orient/Maroc (Accords Abraham), sachant que plusieurs Sépharades originaires du Maroc adhèrent au parti Shass, scission de l’Agoudat Israël, au ton discriminatoire ?

Jacob Cohen : En général, il y a une espèce de consensus qui traverse la société israélienne, indépendamment de ses origines, s’agissant de la vision du monde arabe. Cela vient du creuset que constitue le service militaire pour les garçons comme pour les filles et qui ne souffre d’aucune réserve, et de l’hostilité historique du monde arabe ressentie par tous. Cette vision peut se résumer ainsi : On ne peut faire confiance aux Arabes ; le seul langage qu’ils comprennent c’est la force. Ces accords d’Abraham sont les bienvenus parce qu’Israël obtient la paix sans faire aucune concession. On pourrait même dire que ces accords viennent renforcer leurs convictions. Quant aux électeurs du Shas, ils gardent en plus un mépris de l’Arabe que les cours télévisés du Rabbin Ovadia Yossef n’avaient cessé d’attiser.

Bouasria : En s’arrêtant justement un peu devant ce « consensus » Israélien anti-Arabe, n’est-il pas possible de le nuancer ou minimiser sa véracité par rapport aux postures Pro-Netanyahu ou Trump, surtout que des voix comme le « Grand » rabbin Ovadia Yosef se différencièrent même de leurs coreligionnaires orthodoxes quand ce dernier qualifia David Ben Gourion de « démon », Barack Obama d’« esclave » ou quand il se prononcera en faveur de la judaïté des Falashas? Comment nuancer le consensus anti-arabe au sein d’Israël ?

Cohen : Le consensus anti-arabe existe quelles que soient les nuances, et elles sont réelles, que l’on peut lui apporter. Je vais vous l’illustrer par une anecdote que j’ai moi-même lue dans un journal israélien. Un étudiant en cinéma, Israélien arabe, ayant réalisé un court métrage particulièrement remarqué, avait demandé à son producteur de l’aider à trouver une chambre à Tel Aviv. Il faut savoir qu’il existe un apartheid qui ne dit pas son nom dans tous les domaines. Les Israéliens arabes ont leurs villes et leurs écoles. Il est quasiment impossible pour un Arabe d’habiter dans un milieu juif. Le producteur dit à l’étudiant : « Pas de problème. J’ai une amie avocate, de gauche, qui a une chambre sur la terrasse. Appelez-la de ma part ». L’étudiant appelle. L’avocate saisit immédiatement l’accent arabe et lui dit : « Je ne loue pas à un Arabe ». Récemment, on a créé à Safed (en Galilée) un collège médical. Des étudiants arabes s’y sont inscrits et ont cherché à louer dans la ville. Le rabbin de Safed a émis un ordre religieux interdisant aux habitants de louer aux Arabes, ordre contresigné par 500 autres rabbins. Sans soulever de controverse.

Bouasria : Quelle est la raison derrière laquelle plusieurs juifs marocains, au Maroc et en Israël, supportent Donald Trump comme un envoyé de Dieu ? Est-ce une reconstitution du couple Individu Sépharade/Parti « de droite » ?

Cohen : Les juifs marocains sont restés un peu « primaires », même lorsqu’ils ont fait des études supérieures en Israël. J’en ai plusieurs exemples dans la parenté. Il faut souligner que ceux qui sont partis en Israël, la moitié environ, vivaient pour ainsi dire, culturellement et spirituellement, je parle des années 50, loin de toute imprégnation moderniste, avec cette obsession du Messie qui les soulagerait de toutes les vicissitudes. À l’image des petits blancs d’Amérique, ils ont été sensibles aux discours sans nuances du Likoud. Alors lorsqu’un Trump vient leur offrir Jérusalem, avec toute la symbolique d’un éventuel troisième Temple, ils le voient comme l’annonciateur du Messie. Il faut dire que ces juifs en Israël vivent perpétuellement dans cette attente, et le moindre signe vient les conforter. Cela n’a donc pas grand-chose à voir avec une radicalisation politique.

Bouasria : Je vais essayer de faire un peu le parallèle avec les musulmans marocains qui ont, peut-être, de commun avec leurs frères juifs, cette « maroquinade » « primaire », dans le dessein de mieux comprendre la « raison » de cette fixation messianique sur le Président Donald Trump. Les Marocains musulmans ont, en général, critiqué ce dernier comme étant fou et/ou raciste mais quand il a appuyé le plan d’autonomie au Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine, ces anti-Trumpistes ont eu, pour apaiser leur valse bipolaire, recours aux justifications de la realpolitik (un Satan qui nous a rendu notre Sahara). Même scénario chez les juifs marocains ? Oui ? Non ? Pourquoi ?

Cohen : Clarifions une chose d’abord. Les juifs marocains au Maroc représentent une quantité négligeable. Par le nombre d’abord. Ils sont environ 2500 par rapport aux 300000 ou 400000 selon les estimations avant leur émigration. Par leur nature ensuite. Ce sont des adultes vieillissants sans compétences particulières avec de jeunes enfants. En effet, depuis les années 70, 99,9 % des bacheliers juifs partent étudier à l’étranger et ne reviennent pas. Ce constat s’applique évidemment aux juifs résidant encore au Maroc. Par ailleurs, ces derniers évitent de s’exprimer publiquement sauf à répéter les banalités d’usage et qui plaisent tant aux médias. Ces juifs donc, en dehors de quelques personnages publics, sont peu « politisés », et restent au niveau d’un journal d’information comme celui de TF1 par exemple, si vous voyez ce que je veux dire. Sur l’apport de Trump à Israël, ils reprendront volontiers ce qu’en disent les aficionados de Netanyahou, les supporters de base qui peuplent les marchés populaires et les villes de développement en Israël.

Bouasria : Dans ces accords Abrahamiques Maroc-USA-Israël, Tel Aviv signe avec deux personnes (Meir Ben-Shabbat, Chef de la sécurité nationale et Alon Ushpiz, second chef des Affaires Etrangères), les USA avec un conseiller-gendre de Trump (Jared Kushner) et le Maroc avec le Chef du gouvernement (El Othmani du PJD). Pourquoi cette asymétrie de signatures selon vous ; asymétrie de nombre et de poids ? Pourquoi pas une signature d’André Azoulay ou de Nasser Bourita du côté Marocain ?

L’observation est pertinente. On pourrait interpréter ce décalage dans la représentation diplomatique comme d’un côté l’assurance de ceux qui sont sûrs de leur pouvoir et qui offrent quelque chose de substantiel. Du côté marocain, on ne se permettrait pas le moindre affront ou ce qui pourrait passer comme tel. L’Amérique représente tout de même le graal diplomatique et financier et le Maroc attendait depuis 1975 et la récupération des provinces sahariennes ce geste spectaculaire qui le sortirait de l’impasse. Et Israël avec ses puissants lobbies aux États-Unis, représente pour le Maroc l’avocat idéal pour ses intérêts. Il faudrait ajouter le fait que le premier ministre marocain ne voulait pas laisser le privilège de la signature à son ministre des A.E. dans une affaire de cette importance, car initiée par le Roi. Quant à mettre en avant André Azoulay, non, c’est un personnage de l’ombre, qui travaille discrètement et inlassablement pour des objectifs louables.

Bouasria : Donc selon vous, le premier ministre marocain, d’obédience « islamiste », n’a pas voulu laisser le privilège de la signature au ministère des Affaires Etrangères qui est une prérogative régalienne ? N’aurait-il pas été plus « sauve-face » pour le chef du « gouvernement barbu » de faire la « grève du stylo » en sous-traitant l’aval Abrahamique ? Pour ce qui est des juifs de l’enceinte Sultanesque, en dépit du caractère serviable qui les qualifie, certains, comme Serge Berdugo, perdurent tandis que d’autres, comme David Amar ou Robert Assaraf, sont éjectés-brutalement quelquefois à la suite des machinations des siens- de cette sphère d’influence. Dans quelle case mettez-vous le conseiller Azoulay dans ce diagramme ?

Cohen : Au Maroc, tout vient du Roi et remonte vers lui. Toute grande carrière politique dépend de son bon vouloir. Le premier ministre le sait. Alors, il met ses convictions politiques et sa dignité au fond de la poche et un mouchoir dessus pour complaire au Souverain. Il était préférable pour lui de faire un excès de zèle plutôt que la « grève du stylo ». Les rares juifs marocains de premier plan ont eu une fortune diverse. Parlons des hommes d’affaires comme David Amar et Jacques Tolédano. C’étaient des génies qui auraient pu devenir de grands capitaines d’industrie s’ils n’avaient pas été juifs. La caste des Fassis qui contrôlait encore le Maroc dans les années 70 et 80 ne l’avait pas permis. J’ai raconté cet épisode de mise à l’écart dans un roman « Les Noces du Commissaire » publié chez Le Fennec. Les deux businessmen ont continué à servir leur communauté et leur pays avec une certaine discrétion.

Robert Assaraf fut un très haut fonctionnaire après l’indépendance. Il aurait pu avoir une carrière politique exceptionnelle s’il n’avait pas été juif. A partir des années 70 il va justement travailler avec David Amar et puis élargir ses activités vers la France, le journalisme, l’écriture. Comme ses coreligionnaires businessmen, et tant d’autres au Maroc, sa carrière avait rencontré le plafond de verre à cause de sa religion. Serge Berdugo est très utile pour le pouvoir et ne joue qu’un rôle de représentation pour montrer à quel point le Maroc est un pays tolérant où les juifs bénéficient de tous les droits. Bref, le discours que les médias adorent. André Azoulay est un cas à part. C’est un agent d’une puissance étrangère qui a été placé auprès de Hassan 2 pour remplir certaines fonctions. Il se donne des airs de « juif marocain » mais il est aussi peu juif et marocain que peut l’être ce technocrate cosmopolite.

Bouasria : Selon vous, ce rapprochement entre le Maroc et Israël, en dernière minute et en tandem avec un Président Américain raciste, antisémite, et criminel selon certains, lèse-t-il le Maroc plus qu’il l’en fait bénéficier ? Est-ce vrai que la première vague de « normalisation » avec Israël tenait le Maroc au même piédestal que l’Egypte et la Jordanie (grands pays) alors que ce quadruple (Maroc, Soudan, UAE et Bahreïn) le dégrade au « club des nains », tant sur le plan de la présence en relations internationales (Camp David n’est pas la proclamation présidentielle de Trump) que sur le plan de la substance du « raisonnement normalisateur » (Le Maroc descend au même niveau du Soudan avec la maxime « pour que Je normalise ne me considérez plus un Etat terroriste ») ?

Cohen : Le Maroc est vraiment un État à part. Dès 1958, en collaborant avec les ex-pays colonisateurs pour écraser les rébellions progressistes, il s’est mis définitivement du côté occidental, en opposition de la tendance des pays nouvellement indépendants de l’époque. En 1961, il a ouvert toutes grandes les portes de l’émigration des juifs vers Israël, légitimant ainsi la présence du Mossad dans le pays, et collaborant activement avec lui. En prenant la présidence du comité Al-Quds, après la conquête sioniste, Hassan 2 a plutôt mené ce combat dans une impasse. En 1986, le souverain avait reçu en grandes pompes Rabin et Peres. Les relations entre Israël et le Maroc allaient en s’approfondissant dans tous les domaines. Ce pays est très important dans l’échiquier de la pénétration israélienne dans le monde arabe. Il ne manquait que la sanction officielle. Les autres « normalisations » ont aidé à hâter le processus, mais je ne crois pas qu’il faille juger celui-ci à l’aune de celles-là.

Bouasria : Attardons-nous donc sur cette « exception marocaine » dans presque tous les volets de sa gouvernance, du champ religieux aux assortiments culinaires ! S’il ne faut pas, comme vous le suggérez, comparer les « règles » (elles ne sont pas toutes rouges !) aux « exceptions », érigeons-donc des équivalences entre ces exceptions elles-mêmes. Le Maroc était « exceptionnel » avec une politique style « monarchies classiques » (Jordanie) en envoyant des messages flous et nuancés sur le Spectrum arabo-israélien (envoyer des troupes en Syrie et supporter les palestiniens tout en accueillant des leaders Israéliens) tandis qu’il accepte aujourd’hui un style plus « Golfique » qui prône le mercantilisme diplomatique (Je mise donc je « suis ») (Riyadh, selon Channel 13 TV, a travaillé avec l’administration Trump pour amener quelques pays à signer des accords de normalisation avec Israël et Rabat avait, selon Wikileaks, gelé ses relations diplomatiques avec Téhéran sous la pression des Saoudiens): entre 2018 et 2019, le Maroc a obtenu comme matériel militaire 11,6 milliards de Dollars de l’entreprise américaine Raytheon, et en 2019, Lockheed Martin obtenait son marché de modernisation des 23 F-16 pour près d’un milliard de dollars tandis que le Maroc avait passé, en octobre 2020, la plus grosse commande militaire jamais acceptée (25 F-16 pour 3,78 milliards de Dollars). Est-ce, à votre avis, une rétrogradation de l’exceptionnalisme marocain, devenu plus « roturier » ?

Cohen : Il est vrai que le Maroc a perdu ce qui a fait son originalité pendant quelques siècles. Son autonomie, ses échanges historiques avec de grandes puissances, son organisation étatique. L’indépendance est passée par là, et avec elle l’imbrication dans de grands ensembles. Et vous avez raison de souligner l’assimilation de ce pays situé à l’extrême-ouest du monde arabe à un ensemble monarchique autour du Golfe Persique, et qui ont très peu en commun, sauf la religion et encore, les pratiques connaissent bien des différences. Le Maroc s’était rapproché de ces monarchies dès les années 50-60 pour former le pendant conservateur pro-occidental et s’opposer au nationalisme révolutionnaire mené par Gamal Abdel Nasser. Cela crée des liens, et ces monarchies gavées par les milliards du pétrole n’ont pas hésité à venir en aide au royaume chérifien. De son côté, Hassan 2 leur a ouvert les lieux de loisirs perdus au Liban et au Caire. Plus sérieusement, la diplomatie marocaine s’est alignée aussi sur celle des monarchies, en particulier à l’égard de la république islamique d’Iran, prenant également fait et cause dans les conflits menés par l’Arabie Saoudite notamment au Yémen. Il est même probable que le tempo des normalisations avec Israël ait été planifié à l’avance.

Bouasria : Qu’aurait fait Ben Barka devant cette initiative de Jared Kushner ? Et pensez-vous que cette normalisation lèvera le doute du secret sur l’assassinat de Ben Barka ou au contraire ces secrets vont aussi être « normalisés » ?

Cohen : Ben Barka appartient à une époque révolue. Il n’aurait pas existé aujourd’hui. D’ailleurs, est-ce qu’on voit un homme de sa trempe aujourd’hui dans le monde arabe ? Ceux qui auraient pu jouer ce rôle ont été réduits au silence. Les autres, dans leur grande majorité, ne demandent qu’à collaborer. Ben Barka représentait la grande époque du monde arabe nouveau qui croyait en son émancipation, en son développement, en sa renaissance. La libération de la Palestine représentait alors la condition sine qua non de leur propre libération. Le Tiers-Monde représentait cette grande espérance, et Ben Barka en fut l’une des figures de proue. Et c’est pour cela, en plus de libérer Hassan 2 d’un opposant peu commode, qu’il fut assassiné. Je crains que la normalisation n’aide en rien à la connaissance du dossier sur son assassinat. Mais qui sait ?

Bouasria : Si on fait la sociologie des mouvances, en Israël, qui ont critiqué ou jugé négativement la « paix » offerte par Jared ou Trump, peu connu pour ses effluves pacifistes, quels groupes et mouvements pourrions-nous cataloguer ?

Cohen : Il y a une quasi-unanimité en Israël sur la « paix » offerte par Trump, pour la raison évidente que le régime sioniste n’a eu à faire aucune concession, même verbale, même formelle, sur ses frontières, sur les conquêtes territoriales, sur sa loi discriminatoire sur « la nation du peuple juif » et surtout sur le problème palestinien. Il y aura toujours une frange mais qui ne représente à mon avis que 5 à 10% de l’électorat juif israélien qui regretterait cette « paix » incomplète qui ne va pas au fond des choses. Au parlement israélien, hormis les députés arabes, 15 sur 120, on peut estimer à 5 ou 6 au maximum les députés juifs qui représenteraient cette tendance. Qu’une bonne part de l’électorat juif israélien n’apprécie pas Trump ne change rien à l’affaire. Les « cadeaux » qu’il a offerts à Israël sont les bienvenus, parce qu’il y a un très large consensus autour.

Bouasria : Pourtant, à la suite des sorties officielles du Maroc par rapport aux accords Abraham et au dossier de « normalisation », le Maroc a maintenu sa position concernant la Palestine. Dans un message adressé au président palestinien Mahmoud Abbas, le roi Mohammed VI a réitéré son affirmation de «la stabilité de la position marocaine en faveur de la cause palestinienne ». Le souverain a également annoncé une future réunion au Maroc du Comité de Jérusalem en accentuant la volonté du Maroc « à défendre le statut spécial » et le « caractère islamique » de cette ville, considérant la solution à deux États « convenue au niveau international ». Compte tenu du fait que, selon le site panarabiste Al-Arabi Al-Jadidالعربي الجديد, même les dirigeants palestiniens ont décidé « de s’abstenir de toute critique visant les Etats arabes qui normalisent leurs relations avec Israël », comment doit-on joindre le silence Palestinien face aux Arabes « Sayanim » -pour reprendre une de vos expressions- aux postures marocaines officielles concernant Jérusalem ? Vu que Jared Kushner et Trump accordent, pompeusement et symboliquement, via la représentation diplomatique, Jérusalem aux Israéliens, comment traduire, sur le plan exécutif, cette promesse marocaine aux Palestiniens et aux musulmans ?

Cohen : Je regrette de le dire un peu brutalement, mais la plupart des dirigeants arabes nous ont habitués à des discours creux, pompeux et trompeurs sur leur solidarité avec les Palestiniens. Le champion du double-discours fut probablement Hassan 2, un admirateur du régime sioniste, en particulier parce qu’il détestait par-dessus tout le Raïs égyptien. C’est lui qui fut à l’origine du Comité Al-Quds, créé pour soi-disant défendre la ville sainte contre sa colonisation et sa judaïsation. Ce qui avait donné lieu à de nombreuses conférences avec de beaux communiqués qui n’ont servi à rien. C’est ce Roi qui avait reçu en grande pompe en 1986 les plus hauts représentants du régime sioniste, Rabin et Peres, qui écrasaient l’intifada palestinienne et déclaraient Jérusalem comme leur capitale éternelle.

Les déclarations de Mohammed 6 sur la Palestine, les droits historiques, les 2 États, ne sont que du blabla, du baratin diplomatique. Je trouve cela d’un cynisme monstrueux vis-à-vis du peuple palestinien. Et qu’il ose organiser un comité Al-Quds au Maroc pour réitérer la défense de la ville sainte serait d’un comique si la Palestine ne se dirigeait pas vers son agonie. Que Mahmoud Abbas n’ait pas critiqué cette position, ça se comprend, lui aussi a sombré, et a fait sombrer son peuple, dans cette mascarade diplomatique qui lui fait miroiter un « État » palestinien depuis 30 ans. Il s’y accroche comme un naufragé sur une barque qui prend l’eau de toutes parts. Et enfin, le Raïs (sic) palestinien a besoin des capitaux versés par les monarchies pour maintenir son gouvernement fictif qui ne vit que par la grâce de son maître sioniste. En réalité, la plupart des gouvernants arabes voudraient tellement se débarrasser de l’épine palestinienne en encourageant l’Autorité à accepter le plan Trump, c’est-à-dire un bantoustan sous le contrôle israélien. Et c’est d’ailleurs ce que les dirigeants sionistes ont toujours affirmé. Pourquoi on ne les écoute pas ?

Bouasria : Le plan Trump, pour vous, fait de la Palestine un bantoustan sous le contrôle israélien. Et le plan « Autonomie dans la souveraineté » octroyé par Trump et sa famille au Royaume chérifien, ne fait pas du Sud marocain un bantoustan sous le contrôle des Sahraouis ?

Cohen : C’est à peu près la même logique. Depuis la « récupération » des provinces sahariennes, la monarchie offre à ses habitants une large autonomie dans le cadre d’un Maroc unifié, libre et démocratique. Le réalisme diplomatique nous fait douter d’une autre issue.

Bouasria : Finissons notre entretien sur une note « andalouse » avec votre remarque pertinente et peu médiatisée sur la concurrence économique au Maroc entre juifs et « fassistes », lesquels certains descendent historiquement de juifs convertis. Comment cette « caste des Fassis », qui n’avait pas autorisé les génies juifs du Maroc à devenir de grands capitaines d’industrie, est-elle la même qui mène aujourd’hui, visiblement ou par procuration amazighe, la charrette du rapprochement avec l’état hébreu (Fassi Fihri, fils d’un conseiller notoire, et l’invitation de Tzipi Livni au forum Nord-Sud à Tanger en novembre 2009 ainsi que toute l’histoire de l’offrande du collier en or serti de 30 diamants que Lalla Tzipi dut déclarer au Knesset) ? Dans un autre registre, pourquoi est ce que les juifs marocains communistes, contrairement aux « juifs de sa Majesté », demeurent le « trou noir » de cet « apaisement » et l’excommunication de cette nuit de noce judéo-marocaine, tant pour les officiels marocains qu’au niveau des « juifs du sultan » (l’ex-Vizir Driss Basri avait considéré le côté « brésilien » d’Abraham Serfaty afin de le chasser du Maroc après des années de torture et pareillement Robert Assaraf m’avait relaté- dans un entretien diffusé- qu’il ne considérait pas Serfaty, le « communiste », un juif, même si ce dernier avait formellement demandé qu’on l’enterre au cimetière hébraïque au Maroc) ?

Cohen : C’est la même caste fassie, mais aujourd’hui elle est obligée de partager le pouvoir et qu’elle ne semble pas aussi homogène qu’après l’indépendance. En tout cas, elle a atteint un de ses principaux objectifs : Faire partir les concitoyens juifs qui représentaient pour elle des concurrents illégitimes dans tous les domaines. Dans un livre d’entretiens avec Mikhaël Elbaz, juif marocain émigré au Canada et professeur d’université, L'insoumis : Juifs, Marocains et rebelles, Abraham Serfaty déclarait : « Les nationalistes marocains (entendez les fassis) et les sionistes poursuivaient le même objectif : Faire partir les juifs du Maroc ». Une fois cet objectif atteint, l’Istiqlal n’a aucun scrupule à appliquer la politique royale, c’est-à-dire faire ami-ami avec Israël, même si on garde quelques réserves sémantiques.

Les juifs marocains communistes étaient la hantise et la honte de la communauté juive. D’abord ils faisaient de la politique, alors que l’écrasante majorité des juifs ne voulaient pas faire de vagues ni se faire remarquer. On avait pris l’habitude de chuchoter en parlant de ces « choses ». Ensuite ces juifs communistes faisaient de la politique dans le mauvais camp, et contre le Roi, une folie sans nom. Et enfin ces « renégats » se déclaraient contre l’État d’Israël et avaient condamné l’agression sioniste de 1967. Il paraît donc logique que Robert Assaraf, intellectuel cosmopolite mais sioniste indécrottable, ait dénié à Abraham Serfaty son identité juive.

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